PARIS , le 3 décembre 2025 : L’Organisation de coopération et de développement économiques ( OCDE ) prévoit une croissance de l’économie mondiale de 3,2 % en 2025, malgré les inquiétudes liées à l’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux. L’organisation, basée à Paris, indique que malgré l’incertitude croissante engendrée par les différends tarifaires et les réorganisations des chaînes d’approvisionnement, la croissance mondiale demeure solide, soutenue par un marché du travail dynamique, une inflation modérée et une reprise des investissements dans plusieurs économies émergentes. Le dernier rapport de l’OCDE sur les Perspectives de l’économie mondiale souligne que si la guerre commerciale en cours entre les États-Unis et la Chine , et plus récemment entre les États-Unis et l’ Union européenne , a perturbé les marchés financiers, la dynamique économique globale est restée stable.

Le rapport attribue cette performance à la vigueur des dépenses de consommation et aux mesures de relance budgétaire mises en œuvre dans plusieurs grandes économies, qui ont contribué à compenser les effets négatifs des politiques protectionnistes. Selon l’ OCDE , la croissance aux États-Unis devrait légèrement ralentir à 2,4 % cette année, sous l’effet des droits de douane plus élevés et du resserrement des conditions financières. Cependant, la demande intérieure reste soutenue par un marché du travail dynamique et la hausse des salaires. L’ économie de la zone euro devrait croître de 1,5 %, grâce à la baisse des coûts de l’énergie et à la reprise progressive de la production industrielle. En revanche, la croissance chinoise devrait ralentir à 4,8 %, en raison de la faiblesse des exportations et des ajustements structurels en cours dans ses secteurs immobilier et manufacturier.
Les marchés émergents alimentent l’optimisme quant aux perspectives de croissance.
Le rapport met en garde contre le risque que les tensions géopolitiques , notamment le creusement du fossé commercial entre Washington et Pékin , ne pèsent davantage sur la croissance en cas d’imposition de droits de douane supplémentaires ou d’aggravation des perturbations des chaînes d’approvisionnement. L’ OCDE souligne également que l’incertitude politique pourrait freiner les investissements des entreprises à long terme, en particulier dans les secteurs de la fabrication de haute technologie et des énergies vertes, de plus en plus pris entre deux feux dans la concurrence stratégique entre les grandes économies. Les marchés émergents affichent des signes de reprise, notamment en Inde et en Asie du Sud-Est, où les réformes nationales et les investissements dans les infrastructures continuent d’attirer les investissements étrangers. L’économie indienne devrait croître de 6,5 %, portée par une forte demande des consommateurs et l’essor du numérique.
L’ OCDE a également souligné l’amélioration des performances économiques en Amérique latine et dans certaines régions du Moyen-Orient, où les réformes fiscales et les initiatives de diversification énergétique commencent à porter leurs fruits. Malgré ces évolutions positives, l’OCDE a mis en garde contre le risque persistant de pressions inflationnistes, même si la croissance des prix s’est ralentie par rapport aux pics de l’année dernière. L’inflation mondiale devrait s’établir en moyenne à 3,6 % en 2025, avec de fortes variations selon les régions. Les banques centrales devraient maintenir une politique de prudence quant aux baisses de taux d’intérêt, en privilégiant la stabilité des prix et en veillant à ce que les conditions monétaires ne freinent pas excessivement la reprise. L’OCDE a invité les décideurs politiques à se concentrer sur le renforcement de la résilience de l’offre, le développement de la coopération commerciale et l’accélération des investissements dans les technologies propres afin de soutenir une croissance durable.
La coordination des politiques est essentielle pour éviter les disparités économiques.
« L’économie mondiale a fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation face aux chocs persistants », indique le rapport, « mais les progrès futurs dépendront du rétablissement de la confiance dans le système commercial international et de la mise en œuvre de réformes budgétaires et structurelles coordonnées. » En résumé, si la croissance mondiale devrait se maintenir à 3,2 %, l’ OCDE souligne que l’économie mondiale demeure vulnérable aux erreurs politiques et à la fragmentation géopolitique . L’organisation insiste sur le fait qu’un dialogue renouvelé sur le commerce, la coopération climatique et la réglementation numérique sera essentiel pour soutenir la reprise et éviter une fracture plus profonde dans le paysage économique mondial. – Par la rédaction d’EuroWire .
